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Depuis quelques années, j'ai eu l'occasion de côtoyer plusieurs fois Christian Rosat, pilote et chef de la base Air-Glaciers de Collombey, lors de vols variés, tels que traitement de vignes, transports aériens ou encore exercice de sauvetage. Dans le courant de l'année 2007, je lui parle de ce projet photo et lui propose de suivre une Alouette III depuis la base de Collombey, lors d'un vol de sauvetage en saison hivernale. Le projet a mûri petit à petit.
La saison des vols de sauvetage depuis Collombey commence dès la mi-décembre. Il ne reste plus qu'à trouver quelques dates oû Christian n'est pas pilote n°1 de l'Alouette et disponible pour m'emmener en Lama. Finalement, trois dates semblent être idéales en février 2008. De plus, c'est la pleine saison de ski avec plusieures interventions héliportées par jour.
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Christian complète le plein
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La sécurité du photographe...
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Mise en route
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Rendez-vous est pris pour le samedi 16 février. L'équipage de l’Alouette III est composé du pilote (Pierre Bélaieff), du médecin (Sylvia Walker) et de l’assistant de vol/secouriste (Nicolas Trombert). Ils sont de service depuis le milieu de la semaine jusqu’au dimanche et ont été briefés par Christian. Mon matériel est prêt.
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"Interception" dans la grisaille de l'Alouette III depuis Collombey
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Le samedi arrive enfin. Je m'apprête à partir quand le téléphone sonne... Christian m'appelle pour me dire que la météo, sur place, n'est pas formidable. En effet, depuis la veille, une faible bise s'est installée et la grisaille s'étend sur tout le plateau, jusqu'à St-Maurice et son plafond est à 1000 mètres d'altitude. Décision est prise de voir sur place ce que ça donne. Après presque 10 jours de soleil, ce n’est vraiment pas de chance.
Après 1h30 de route, j'arrive sur place et effectivement, vu d'en bas, ça ne se prête pas vraiment à la photo. L'Alouette III est déjà sur une intervention et d'après les informations qui nous parviennent, le stratus n'est pas trop dense et prend fin quelques centaines de mètres plus haut.
Du coup, on n'a pas vraiment le temps de discuter bien longtemps. Tout s’enchaîne, je sors l'appareil photo et vérifie que les cartes mémoires soient vides et les accus bien chargés. Je m'habille un peu plus chaudement et je fais quelques essais de photos au sol.
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On sort de la grisaille, le paysage devient majestueux
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A l'approche de Champoussin, nous nous plaçons en arrière de l'Alouette, afin de laisser à son pilote la liberté des trajectoires pour se rendre à la zone d'atterrissage
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Certain reflets donnent l'impression que l'Alouette est revêtue de tôles ondulées...
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Petit changement de position, afin d'avoir les Dents du Midi à l'arrière plan
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La porte gauche du Lama est démontée et Christian me donne ses directives et une radio, notamment pour le cas oû il me déposerait sur la zone de sauvetage, sans pouvoir rester au sol pendant la prise en charge du blessé. La machine est sortie du hangar et on y fait le plein. Je m'installe sur le siège arrière gauche, met ma ceinture et passe une grosse ceinture de sécurité supplémentaire. Bien maintenu et avec une liberté de mouvement à rendre jaloux un photographe en backseat sur F-5F Tiger... Je suis prêt ! Christian met en route le Lama et nous décollons à 11h09 en direction du Rhône, que nous descendrons pour rejoindre l'Alouette III qui traverse la vallée depuis Aigle. En bas, retour de vacances pour certain et ça bouchonne déjà sur l'autoroute. D'autres se préparent à faire un vol en montgolfière à coté de laquelle nous passons.
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Approche finale, aidé au sol par un sauveteur de la station de ski, servant de repère visuel. Alors que l'assistant regarde par la porte gauche de l'Alouette pour renseigner le pilote sur la position et la hauteur par rapport au sol
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Au bout de quelques secondes, Christian me fait signe. Droit devant, l'Alouette croise notre trajectoire en direction de Monthey. Par un virage à gauche, nous prenons le même cap et remontons à sa hauteur pour nous positionner à sa droite. Le vol de sauvetage étant prioritaire, l'Alouette doit être libre de ses trajectoires et les positions ne seront pas trop variées. Nous passons au-dessus de Monthey dans le brouillard et remontons le Val d'Illiez. Une fois sortis de la couche, le soleil baigne notre formation et le paysage d'une lumière superbe.
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Panorama de la DZ
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Notre formation se dirige vers la station de ski de Champoussin pour récupérer un skieur blessé. Nous nous replaçons en arrière de l'Alouette afin que son pilote ait le champ libre pour se poser sur la piste de ski, au sommet du télésiège des Aiguilles des Champeys. Au sol, l'équipe de secours de la station de ski s'occupe du blessé alors que l'Alouette se pose. Christian effectue un 360° autour de la DZ afin que je puisse bien apprécier et photographier la manoeuvre, puis nous venons nous poser un peu plus en amont, pour ne pas souffler à notre tour la zone. Arrêt du moteur. Il fait presque chaud comparé à la température qu'il fait dans la vallée sous le brouillard. Nous avons mis 10 minutes pour venir depuis Collombey.
Le médecin prend en charge le patient et contrôle son état, puis il est transféré sur la civière et chargé dans l'Alouette. Patience, écoute et professionnalisme, c'est que je retiendrais de ce bref instant sur place, préférant ma place de passager en hélicoptère, plutôt que celle du blessé.... A 11h40, le pilote de l'Alouette remet le moteur en route. Je remonte à bord du Lama et repasse mes deux ceintures. Le Lama reprend vie et nous décollons pour nous positionner en avant de la trajectoire de décollage de l'Alouette et un peu plus haut, afin de le voir passer juste en dessous. Puis nous prenons de la vitesse pour le rattraper et nous placer à nouveau à sa droite, direction l'hôpital de Monthey. La descente vers la grisaille se fait rapidement, les dernières photos au soleil avant d’entrer dans la couche…
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Tout le monde est à bord, nous décollons avant l'Alouette III pour nous positionner en dessus
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L'Alouette est en finale sur l'héliport de l'hôpital de Monthey et nous effectuons un 360° au dessus des bâtiments avant de reprendre le cap de la base de Collombey ou nous nous posons à 11h48, pour un total de 17 minutes de vol. Cela démontre la rapidité avec laquelle un patient est pris en charge et transféré vers un centre hospitalier.
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Retour dans la grisaille
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Quelques minutes plus tard, c'est au tour de l'Alouette III de venir se poser à Collombey. Le plein est fait immédiatement et l'hélicoptère est prêt à repartir. Le pilote, l'assistant et le médecin on déjà commencé à remplir les papiers relatifs au sauvetage, puis peuvent enfin attaquer le repas de midi, bien mérité.
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Approche de l'héliport de l'hôpital. Pierre pose l'Alouette le plus au bord possible de la plateforme afin de laisser suffisament de place à un éventuel autre hélicoptère
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Ce 16 février, l'équipage de sauvetage a effectué six interventions. Quant à elle, depuis mi-décembre, la base de Collombey, plus d’une centaine d’interventions et la saison n'est pas finie. Le nombre d'interventions peut varier énormément d'un jour à l'autre. Pour exemple, le jeudi précédent a été une très grosse journée avec neuf interventions, alors que le vendredi, il n'en comptait que deux.
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Refaire le plein de l'Alouette III afin d'être prêt à repartir
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Remerciements à Christian Rosat pour m'avoir piloté sur un de ses jours de congé, ainsi qu'à Pierre Bélaieff (pilote), Sylvia Walker (médecin) et Nicolas Trombert (assistant de vol/secouriste) pour avoir accepté d'être suivi lors de cette intervention. Je souhaite un bon rétablissement au patient.
D'autres photos relatives à cet article seront publiées sur notre forum
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