Samedi 30 septembre 2006, j'ai eu l'occasion de participer à une journée un peu particulière en étant invité par Air-Glaciers Collombey, à venir assister à un exercice d'évacuation du téléphérique de Champéry, ainsi qu'une évacuation du télésiège à 6 places.

Cette journée est très intéressante à plus d'un titre, car c'est un exercice qui n'est pas forcément possible d'entraîner fréquemment et avec autant de monde.

La proposition de me faire évacuer du téléphérique ma aussi été proposée... Ce que j'ai accepté bien volontiers, histoire de voir comment cela ce passe de l'intérieur...

 

La météo vire au beau temps très tardivement.

Peu de temps avant 8h, c'était encore le déluge.

Tout commence par un rendez-vous à la base de Collombey en début de matinée. Le Lama (HB-XTO) est déjà prêt devant le hangar, sur un fond montagneux et nuageux que la lumière du matin peine à déchirer.

Christian Rosat, pilote et chef de la base Air-Glaciers de Collombey, m'explique le programme de la journée et me décris les diverses sécurités, notamment concernant l'élingue. En effet, l'élingue peut être larguée par le pilote en cas de problèmes... C'est le cas pour toutes les charges sous élingue... Sauf que dans notre cas, il y aura jusqu'à cinq personnes pendues à ce câble... Il s'agit de ne pas larguer l'élingue par erreur, ou que l'élingue soit larguée suite à un problème technique.

C'est pour cette raison qu'un second câble (une corde d'un bon diamètre) assure l'élingue et passe par la cabine. Pour ne pas déplacer le centre de gravité en cas de problème, deux fixations supplémentaires assurent l'élingue aussi vers l'arrière du centre de gravité. C'est l'assistant de vol qui (assis en place arrière gauche), peut en dernier recours, couper cette corde, pour larguer l'élingue en cas d'urgence, une fois déposé les personnes au sol.

Sur la base de Collombey, le Lama va affronter une longue journée de vols...

Turbomoteur Turboméca Artouste III B de 970 ch

Système de fixation de l'élingue et de sa sécurité, passant par la cabine

Une fois le tour de l'appareil effectué, j'embarque en place avant gauche du Lama et nous décollons direction Champéry. Il n'y a pas à dire, le paysage vue depuis un hélicoptère reste toujours une expérience grisante, surtout en montagne.

En vol depuis Champery vers la seconde zone d'exercice, le télésiège à six places

La zone de posé ce trouve à coté du bâtiment du départ du téléphérique à Champéry. C'est aussi à cet endroit que seront déposés les "secourus".

La première séance ce passe sans hélico. On embarque environ cinquante personnes dans la cabine, qui est arrêtée au dessus du parking de la station. Nous avons environs 40 mètres en dessous de nos pieds.

L'évacuation se fait par la trappe de secours (qui n'est pas grande du tout...) et nous nous ferons descendre assis dans un "pampers" le long d'une corde.

Comme mise en jambe, ça commence déjà bien... Sensation garantie. Pendant ce temps, Christian effectue une mission de sauvetage, réel cette fois, pour aller chercher trois guides surprit par la nuit aux pieds des Dents-du-Midi.

La seconde partie de l'exercice se déroule avec l'utilisation du Lama. Les cinquante personnes embarquent à nouveau dans le téléphérique et la cabine est stoppée peu avant le pylône. A l'endroit le plus haut et là ou c'est le plus difficile pour le pilote, vis à vis des câbles.

Pendu à 50 mètres d'élingue sous le Lama, à 60 noeuds et à une centaine de mètre du sol, sensations garanties ...

Réception par l'assistant de vol. La personne de droite à encore son "pampers"

A cette occasion, une élingue de 50 mètres est accrochée sous le Lama. Dans un premier temps, trois guides sont déposés sur le toit de la cabine, à l'intérieur de laquelle ils entrent par une trappe disposée sur le toit.

Les trois guides préparent les personnes à évacuer. Le Lama arrive avec un guide accroché à l'élingue et le dépose dans la cabine. A chaque rotation ce sera pareil, afin de faire un tournus parmi les guides et que tous puissent voir comment cela se passe et entraîne cette procédure

Mais revenons dans le téléphérique. Je fais partie du second groupe à évacuer. Quatre personnes sont préparées par le guide. Il s'agit d'enfiler un "pampers", qui est ensuite relié par un câble avec mes trois autres camarades à évacuer. Un guide accompagne à chaque fois les personnes à évacuer.

Le moment ou on ce trouve les cinq accroché ensemble à l'élingue que le guide a saisit et que l'on ce retrouve pendu sous 50 mètres de câble, les pieds dans le vide, est une sensation exceptionnel.

Placer le Lama requiert un bon doigté et les informations données par les assistants de vols sont précieuses

On se laisse extraire du téléphérique tout en douceur.

Les câbles et le pylône ne sont jamais bien loin. C'est beaucoup plus impressionnant dans la réalité que sur les photos

Le professionnalisme de toutes ces personnes est vraiment impressionnant. Du pilote et de son assistant, ainsi que des guides-sauveteurs. Les rotations durent en moyenne 4 minutes par évacuations, dont une quinzaine seront nécessaire pour évacuer tout les passagers de la cabine.

Le guide se prépare à réceptionner l'élingue

Préparation

Le guide accroche les 4 personnes à l'élingue,

ainsi que lui même ...

 

Et ... extraction ...

Elle est pas belle la vie ... Bien sûr, ce serait nettement plus stressant lors d'une évacuation réel, en habits de ski, par mauvais temps et avec le double de personne en cabine...

L'après-midi, l'exercice ce passe sur un télésiège six places ou il s'agit d'évacuer à nouveau une cinquantaine de personnes. Là aussi, là précision et le professionnalisme des ces hommes est bien réel. Une dizaine de guides de la maison du sauvetage de Sion participent à ces exercices, ainsi que plusieurs guides et employés des stations de ski des portes du soleil. Un second pilote d'Air-Glaciers prend aussi les commandes du Lama pour pouvoir participer à cet entraînement.

Sur la DZ du télésiège, préparation du Lama

et des guides

Derniers préparatifs

Discussions et mises aux points avant le décollage

 

Le Lama est un appareil qui se comporte bien, même si il y a du vent. Car  sa poutre de queue ajourée offre peu de résistance

La DZ du télésiège est entourée d'arbres.

La prudence est de mise.

L'assistant  de vol est une aide précieuse lorsque la "charge" sous élingue est si fragile

Une fois tous ces exercices terminés, tout le monde ce retrouve au départ du télésiège, autours du Lama, ou un premier débriefing à lieu, permettant ainsi aux difflrents participants de partager leurs impressions à chaud. A l'issue de l'évacuation du téléphérique par hélicoptère, il s'avère plus confortable pour le pilote d'utiliser une élingue de 70 mètres, à la place de 50 mètres. Ceci pour permettre une plus grande possibilité de manœuvre en restant le plus haut possible par rapport aux câbles du téléphérique.

Ce pilote préfère sans la porte

Take-off

 

Evacuation du télésiège

Pour tester différentes configurations, certains sièges sont occupés par six personnes, d'autres par quatre

Il faut bien mettre en place le "pampers"... sinon ça coince un peu à un certain endroit chez les hommes ...

D'autres vols doivent être assurés par le pilote en fin d'après-midi, il est temps de rentrer. Le retour en hélico jusqu’à Collombey termine merveilleusement bien cette journée très instructive. L’approche final sur la base ce faisant d’une manière… me plaisant fortement…

Je remercie toutes les personnes qui mon donné la possibilité de vivre cette journée, en particulier Christian Rosat, Air-Glaciers, la maison FXB du sauvetage, les assistants de vols, ainsi que tous les sauveteurs.

Laurent Baudillon - 17 octobre 2006

Ci-dessous, la suite des photos :

 

Le SA.315B Lama en bref

Description

Role : Hélicoptère polyvalent à 5 places
Equipage : 5 dont le pilote
Premier vol : 17 Mars 1969
Fabricant : Aérospatiale Sud-Aviation

Dimensions

Diamètre du rotor principal : 11,02 m
Rotor anticouple : 1,91 m
Longueur du fuselage : 10,26 m
Hauteur : 3,09 m
Disque du rotor principal : 95,38 m²

Masse

à vide : 1021 kg
Normal en charge : 1950 kg
Maximale avec charges externes : 2300 kg

Moteur

Moteur : 1 turbomoteur Turboméca Artouste III B
Puissance : 970 ch (649 KW)

Performance

Vitesse de croisière (au poids de 2300 kg) 120 km/h
Vitesse asc. au niveau de la mer : 234 m/mn
Plafond pratique : 3000 m
Plafond en vol stationnaire : 1550 m

Historique

Conçu à l'origine pour les forces armées indiennes, en 1968, et destiné à la lutte antiguérilla, l'Aérospatiale SA 315B Lama combine la cellule renforcée de l'Alouette II avec les équipements du SA 316B Alouette III, dont le moteur Artouste et son rotor. Le prototype du SA 315 vola le 17 mars 1969 et reçut son certificat de navigabilité le 30 septembre 1970. Le nom de Lama lui fut attribué par son constructeur en juillet 1971.Durant ses essais, le lama établit des records d'altitude et de maniabilité (Cf. Performances de l'appareil). Ses exploits et la réputation bien établie en matière de sécurité par ses cousins, les Alouette II et III, assurèrent au Lama une excellente image de marque sur le marché international. Dès 1971, des négociations furent menées avec HAL à Bangalore, en Inde pour la construction sous licence du SA 315B. Le premier Lama assemblé en Inde prit l'air le 6 octobre 1972, les livraisons commençant en décembre 1973. Et la firme HAL rebaptisa ses hélicoptères Cheetah. En 1978, un contrat fut signé entre l'Aérospatiale et Helibras, au Brésil, pour l'assemblage du SA 315B, débouchant ultérieurement sur une construction sous licence.

 

Performances de l'appareil

Dès le départ, le SA 315B fit la démonstration de ses capacités de transport de charges en altitude. Ainsi, au cours de vols de démonstration dans l'Himalaya, en 1969, un SA 315B chargé de deux membres d'équipage et de 120 kg de carburant atterrit et redécolla à 7 500 m, altitude encore jamais atteinte dans de telles conditions et le 21 juin 1972, un Lama avec son seul pilote à bord s'adjugea un record absolu d'altitude pour hélicoptère avec 12 442 m. Ces performances sont tout indiquées pour les régions montagneuses : le Lama peut ainsi transporter des charges extérieures de 1 000 kg jusqu'à 2 500 m d'altitude. Son atterrisseur universel est encore l'un de ses atouts : les patins, munis de roues amovibles pour les manœuvres au sol, peuvent être remplacés par des flotteurs. Enfin, un dispositif d'urgence permet au Lama de flotter en cas de besoin ou d’accident. En outre, cet hélicoptère peut être utilisé comme engin de travaux agricoles et, pour cette tâche, il est doté d'un dispositif muni d'une pompe électrique capable de répandre sur des cultures 455 litres de produits chimiques par minute.

 

Applications

Semblable aux Alouette, le SA 315B peut être adapté à diverses utilisations commerciales, tels le transport de passagers ou le travail agricole, tandis que les versions militarisées peuvent tout aussi bien servir à la liaison, à l'observation, à la photographie aérienne, à la recherche en mer (160 kg peuvent être soulevés par treuil), au transport (1 135 kg de fret), à l'évacuation sanitaire (deux brancards et un infirmier) et à bien d'autres tâches.

 

Les hélicoptères d'Air-Glaciers

La flotte d'hélicoptères d'Air-Glaciers se compose actuellement de onze Lama SA.315B ; cinq Alouette III SA.316B ; deux EC.120 Colibri ; un Ecureuil AS.350B3 et deux Ecureuil AS.350B4

 

Liens  :

Site internet d'Air-Glaciers : http://www.air-glaciers.ch/fr/default.asp

Site de la Station de Secours du Chablais Valaisan : http://torgon.net/sscv

 

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