VOLS BLANCS, un film de Lionel Charlet

La rencontre d’un hommage et d’un réalisateur

« Vols Blancs »  rend  un dernier hommage au chasseur de Dassault Aviation. Ce bel avion de la classe Mach 2 quitte le ciel suisse et  se révèle une dernière fois dans toute la majesté de son vol fin et stable.

À partir de ses propres images en vol sur le Mirage et celles d’amis pilotes, il reconstitue dans la durée de véritables séquences de vol en cherchant à en restituer toute la beauté et l’atmosphère, le rythme et la vélocité...

La dimension poétique magnifiée par le cadrage, le montage et  l’écriture n’enlève pas au réalisme des scènes en vol.

Le souci principal de Lionel Charlet a porté sur le réalisme de cette représentation, aussi bien pour l’image que le son. Trop de films d’aviation font l’économie d’une restitution sonore  ample et réaliste, ce qui n’est pas le cas pour Vol Blancs.

La somme de travail consacrée à cette réalisation fut très importante.

Il a fallu à l’auteur des centaines d’heures  pour marier le mieux possible les dizaines d’heures de prises de vues à sa disposition.

La plus grande ambition de l’auteur est de restituer l’atmosphère du vol, son altérité radicale en termes d’expérience, poétique, en elle-même, tant elle place l’homme à la frontière du possible, dans une autre dimension…Une seule boucle en Mirage et ce sont plusieurs kilomètres qui sont parcourus dans la verticale, en quelques secondes seulement.

Comment restituer d’aussi extrêmes expériences ?

Pour lui les hommes qui ont la chance de voler et la responsabilité conséquente sont tous les jours confrontés au risque absolu et la beauté des spectacles auxquels ils assistent, seuls dans leur cockpit, ne peut pas les distraire de façon ludique. Il y a une gravité dans cette beauté, … ne fut-ce que parce que la guerre existe. Mais aussi parce que la beauté et la transcendance de la nature qu’ils découvrent marquent profondément l’esprit et ne reprennent pas à leur compte une expérimentation « Fun » du vol, tels que cela est fréquent dans les sports extrêmes où l’homme recherche d’abord sa dose de sensations fortes.

Ainsi le sujet  dépasse le seul « Mirage » car il touche aux principes du vol militaire et à la conscience du pilote. La communauté des pilotes est retrouvée dans son unité, au-delà des générations et des types d’avions, le pilote de FA/18 partageant  avec celui d’un Mirage la même consécration et les mêmes pensées.

La haute technologie n’a rien enlevé à l’esprit de l’homme dans sa confrontation à la nature, aux éléments, à la transcendance du vol. Il y a souvent dans l’imagerie publicitaire de l’Aviation moderne une tendance à la déification de l’homme allié à la plus haute technologie, dont le résultat est de masquer la transcendance du vol et l’humanité du pilote, être limité et mesuré par les forces avec lesquelles il se mesure.

Voilà autant d’axiomes qui sous-tendent le travail de l’auteur, passionné lui-même par la philosophie et désireux de contrecarrer des visions déformantes de l’Aviation. Il aborde celle-ci comme un monde en soi, avec ses lois, sa grandeur, sa très grande beauté, son langage. Cette même attitude l’a d’ailleurs aussi caractérisé lorsqu’il a filmé l’univers des skippeurs de la course autour du monde et sans escale du Vendée Globe, en 2000.

Univers de la navigation au grand large tout à fait comparable à celui de l’aviation de combat. L’homme s’y trouve confronté, à lui-même, parce que confronté aux limites de l’expérimentable.

Tournages en vol
La principale difficulté de l’auteur était bien sûr de tenir le coup en vol, de na pas être malade et d’offrir au spectateur une image la plus stable possible, soit en volant lui-même soit en fixant des caméras sur les avions. Aussi il a eu recours au dessin, qu’il aime beaucoup, pour montrer aux pilotes l’image idéale, en termes de cadrage. Cette méthode favorisait des briefings pré- vols précis et une bonne lisibilité.

Le Mirage s’est révélé d’une grande stabilité, idéale pour le caméraman, même sous fort facteur de charge (-2 + 7g) et aucun buffeting ne venant faire trop vibrer la caméra. Même le puissant F/A-18 ne donne pas une telle plateforme de tournage. L’habitacle exigu ne posa pas de problème particulier, au contraire il permet de bien s’appuyer contre la vitre au réalisateur caméraman.

Chaque vol contient des frayeurs, des échecs, des bonnes surprises et il n’y a pas de trucs absolus pour réaliser de belles images en vol, si ce n’est peut-être de contrôler précisément sa respiration.

L’auteur espère que sa pratique du vol et l’expérience acquise lui ouvrira d’autres ciels.

Un film pour les spécialistes et le grand public
À la différence de ses précédents films, « Vols Blancs » est destiné à la fois aux spécialistes et au grand public. Ce film est diffusé largement en Suisse et à l’étranger. Il est
  disponible, dans les Musées d’aviation,  en grandes surfaces, à la FNAC, chez MEDIAMARK, MANOR et sur la plupart des sites par correspondance.

Fiche technique

      • Tournage en : DVCAM et BETACAM SP
      • Durée : 45 min.
      • Réalisation, image et montage : Lionel Charlet
      • Caméras fixées : Yves Rossy, Lionel Charlet, Thierry Geotschmann
      • Mixage : Jérôme Cuendet
      • Production : Lionel Charlet et VPS prod. Lausanne
      • Postproduction : VPS prod.
      • Copyright : Lionel Charlet.com et VPS prod.
      • Distribution : Av-Prod

Remerciements
L’auteur remercie Monsieur Fernand Carrel, les Forces aériennes suisses, l’Escadrille 16, ses amis pilotes et techniciens, sa femme patiente et tous ceux qui lui ont donné leurs précieux conseils.


Première du film "Vols Blancs" de Lionel Charlet

Discours de Fernand Carrel - Payerne, le 28 avril 2004

« Entre le pilote et le Mirage, ce ne pouvait être qu'une histoire d'amour, passionnée et passionnante. Cela commençait par le coup de foudre à la vue de cette silhouette racée aux lignes parfaites et ça continuait par une aventure fabuleuse, par des chevauchées fantastiques dans des champs d'azur illimités.

Jamais notre aviation ne fit un bond plus grand qu'avec l'introduction du Mirage, qui nous projetait d'un seul coup vers les altitudes vertigineuses où le ciel devient noir, tout près des étoiles, à des vitesses que plus aucun autre de nos avions ne devait atteindre.

Jamais notre aviation ne se sentit aussi forte que pendant les quelques années où le Mirage nous a permis, avec nos voisins français, d'être les seuls à disposer en Europe, d'une capacité de combat et de reconnaissance tous temps, de jour comme de nuit !

Monture exigeante s'il en fut, on devait se montrer plein d'attention envers elle, la cajoler, la découvrir à petits pas, s'en faire une complice et, surtout, lui témoigner du respect. Alors, elle vous récompensait par une fidélité sans faille, même dans les pires circonstances.

Cet inoubliable oiseau a définitivement fini de sillonner notre ciel à la fin de l’an passé. Dans l’esprit de ceux qui ont eu le privilège de le chevaucher, il restera un mythe.

Mais aux yeux du grand public aussi, il mérite d’entrer dans la légende. Lionel Charlet a mis tout son cœur et son talent pour faire partager à tout un chacun les émotions du vol en Mirage. Avec « Vols blancs », il signe un nouveau chef d’œuvre et réalise une ode sublime à l’un des plus beaux avions jamais construits, qui fut pendant des décennies la gloire de nos Forces aériennes.

J’ai découvert Lionel Charlet en 1997 sur le plateau de « Zig-Zag Café ». Pour animer notre conversation, Jean-Philippe Rapp a fait défiler quelques séquences de F/A-18 prises depuis le sol. Je me souviens en être resté bouche bée. Jamais je n’avais vu de pareilles images !

Ce fut « Fusion », le film aéronautique-phare de Lionel Charlet. Les Forces aériennes venaient de dénicher un prestidigitateur capable de faire sauter le mur de l’incommunicabilité qui sépare normalement les aviateurs de ceux et celles qui n’ont pas l’expérience du vol militaire et de faire asseoir le spectateur dans le cockpit d’un avion comme s’il y était vraiment.

Je me souviens de la Première de « Fusion », en 1999. Dans une des séquences, on voit un Tiger  en montée traverser à toute vitesse le champ visuel d’un pilote de Mirage. Mon voisin Christophe Keckeis et moi avons tous deux eu le même geste réflexe de « casser » une manette des gaz fictive pour enclencher la post-combustion afin d’aborder le combat avec un maximum d’énergie !

Par un nouveau tour de magie, Lionel Charlet parvient aujourd’hui à faire comprendre comment et pourquoi se nouait, au fil du temps, comme un lien de tendresse entre le pilote et le Mirage. Je lui en suis infiniment reconnaissant ».


Vols blancs
Biographie aérienne de Lionel Charlet

Initiation à l’aviation militaire
Le Réalisateur Lionel Charlet a commencé à filmer et à photographier très tôt, à l’âge de quatorze ans. Sa passion pour l’image lui vaut de recevoir un premier prix international à l’âge de dix-sept ans, en Italie pour son premier court-métrage ( « Souvenir tu danses »).

Dès cette époque, il est fasciné également par l’Aviation militaire. Il observe longuement aux jumelles les combats aériens bruyants  et serrés qui se déroulent  dans le ciel de son canton, Neuchâtel.

L’observation de ces joutes surréalistes et extrêmes  en puissance a marqué son imaginaire. Dans ses autres films, la troisième dimension lui inspire des mouvements de caméra dans l’utilisation de la verticale.

Rencontre avec Fernand Carrel
Avec les Forces aériennes, il concrétise son engagement par un recrutement et une formation militaires de photographe sur le Mirage IIIRS. Après l’accès à son métier de réalisateur, il signe un premier film sur le FA/18, en vol, pour l’émission Zig Zag café du producteur Jean-philippe Rapp en 1997, une émission
  pour laquelle il réalise de nombreux reportages.

C’est là que tout débute, le Commandant des Forces aériennes, Fernand Carrel, ayant vu son film et l’ayant beaucoup aimé, il lui confie en exclusivité la réalisation du film officiel de présentation des Forces aériennes suisses  en 1999.

Le film « FUSION » est le résultat de ce premier mandat et il est couronné de succès au Festival International du Film des Armées à Rome par le prix spécial du Jury. « FUSION » a fait le tour du monde des Etats-majors d’Armées de l’Air et bénéficie d’une large diffusion dans des grands musées aéronautiques ou des Festivals consacrés à l’Aviation.

En réalisant « FUSION » Lionel Charlet réunit ses deux plus grandes passions et a la chance d’apprendre toutes les dimensions du tournage en vol sur jet de combat. Il vole de nombreuses fois en FA/18, en F5 ou en Mirage. Le soutien du Commandant des Forces aériennes lui permet d’éviter les tracas du film militaire classique, le devoir habituel de poser un lourd commentaire sur les images.

L’envol de Lionel Charlet
De 1999 à 2002 il
  signe sept nouveaux films d’aviation, dont le fameux « TIMELESS » qui présente le vol acrobatique le plus extrême tel qu’il se pratique dans les championnats du FAI World Grand Prix, au Japon. Il signe ce produit pour l’ancien commandant de la Patrouille de France, Jean-Louis Monnet.
Le film « Vols Blancs » constitue son premier long film d’aviation.

Après avoir constaté que le public désirait  contempler de plus longues séquences en vol, il décide de réaliser, par ses propres moyens, un dernier hommage au légendaire « Mirage IIIS/RS » retiré de service en Suisse en 2003.

Ce nouveau défi lui permet d’affiner son écriture et d’immerger mieux encore le spectateur dans le monde fermé de la chasse aérienne.

Les projets en cours
Lionel Charlet
  souhaite poursuivre le développement de son travail, en l’affinant, et à côté des documentaires ou des films d’atmosphères bien terrestres qu’il réalise, il vient d’achever un film sur l’Orchestre de la Suisse Romande en concert à New York, entamer de nouvelles démarches à l’étranger pour un nouveau film d’aviation.

« International vision of Flight » sera un film sans commentaire, un voyage poétique autour du Monde en jet de combat sur les plus beaux paysages de la planète. Un autre projet est en stand-by celui-là visant un film long-métrage au cinéma avec une dimension romanesque. L’auteur a été approché par un Producteur.

Lionel Charlet cherche aussi à approcher les constructeurs d’avion, afin de leur proposer ses services pour leurs publicités. Pour toutes ces démarches, il cherche des partenaires ou des sponsors intéressés à associer leurs noms à l’image d’aviation.

Texte et photos: AVprod (2003)

 

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